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Song of 2015 #1 : "Waiting for You" par J.C. Satàn

Publié le par Tehos

  1. - morceau : "Waiting for You",
  2. - artiste : J.C. Satàn (France),
  3. - line up : Arthur Larregle (guitare & voix), Paula Scassa (chant), Alice Ronzini (basse), Dorian Verdier (claviers) & Romain Boutin (batterie),

- musiciens additionnels : Cyril Gachet (trombone), Mathieu Hauquier (trompette), Tamara Goukassova (violon) & Amélie Legrand (violoncelle).

Ce morceau est extrait de l'album "S/T", sorti en 2015 chez Born Bad Records.

Derrière l'inquiétant nom J.C. Satàn se cache un groupe bordelais construit autour d'Arthur Larregle (guitare et chant) et de Paula Scassa (chant), duo soutenu par trois autres musiciens. Leur univers, entre brulots furieux et comptines biscornues se transformant en formules incantatoires et transporte des vibrations hérétiques semblant sorties des limbes. Entre black garage, rock'n'roll et punk, mais clairement inspirés par un esprit vintage, sombre et psychédélique, leur style n'est pas forcément moderne, mais d'autant plus séduisant. C'est d'ailleurs ce qui a déclenché un coup de cœur chez moi lorsque j'ai découvert le groupe à la sortie de leur troisième album.

"Waiting for You" est presque deux fois plus long que les autres pistes de "S/T" (qui sont aussi plus punk pour la plupart), quatrième album de J.C. Satàn et sorti en 2015. Le groupe y développe un passage psychédélique qui compose presque toute la seconde moitié du morceau. On peut y entendre quatre musiciens additionnels qui contribuent à donner une note particulière à l'ambiance générale, grâce à l'utilisation de cuivres et de violons.

Je suis tiré d'une rêverie vaporeuse par des cuivres majestueux, semblant sortir tout droit des cieux. J'arpente les quelques mètres carrés de la chambre, tournant sur moi-même, las et laissant mes pensées obscures tourbillonner dangereusement. Je m'assois et me laisse aller un instant à me lamenter, verbalisant mon mal être, pour laisser sortir un peu de cette noirceur. Ça va mieux, mais c'est plus fort que moi, je dois me lever et me remettre à tourner en rond, regardant mes pieds passer l'un devant l'autre. Les mauvaises ondes recommencent à vibrer, mais cette fois elles partent dans plusieurs directions à la fois, comme des feux d'artifice et ça devient dur à contenir. Je m'arrête et me concentre alors, essayant de faire le vide. J'y arrive à plusieurs reprises, mais les cuivres célestes me ramènent à mes pensées qui tourneboulent encore, je lutte un moment, puis ma raison finie par céder, les barrières éclatent et la réalité s'enfuit. Je sens que quelque chose s'échappe de ma tête. C'est comme un trou d'où ma santé mentale s'évapore, montant rejoindre l'entité qui fait tonner les mystérieux cuivres et se moque de moi, à travers des visages grimaçants qui apparaissent fugitivement devant moi. C'est alors que je me rends compte que je flotte dans un vide opaque, au milieu d'une multitude d'images, mais je n'arrive pas à les saisir, elles se déforment et s'étirent, puis commence à défiler de plus en plus vite. Je me mets à tourner sur moi-même, puis je me sens aspirer par ce tourbillon créé par un cône de sensations et je dégringole à travers le temps et l'espace. Je vois une lumière blanche qui s'agrandit à mesure que je m'en approche, les images disparaissent et je me sens presque bien. Est-ce la libération ? Non, un son m'écrase les tympans et je deviens aveugle avant de sentir le choc de l'écrasement me désintégrer. Le corps n'a pas supporté la pression infligée à l'esprit, tout est fini.

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