Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Song of 1995 #1 : "Les Petits lits blancs" par Aldo Romano, Louis Sclavis & Henri Texier

Publié le par Tehos

  1. - morceau : "Les petits lits blancs",
  2. - artiste : Aldo Romano, Louis Sclavis & Henri Texier (France),

- line up : Aldo Romano (batterie), Louis Sclavis (saxophone) & Henri Texier (contrebasse).

Ce morceau est extrait de l'album "Carnet de routes", sorti en 1995 chez Label Bleu.

Au milieu des années quatre-vingt-dix, le photographe Guy Le Querrec réunit un trio inédit composé du contrebassiste Henri Texier, du saxophoniste Louis Sclavis et du batteur Aldo Romano. Bref, que des pointures. C'est ensemble qu'ils partent à la découverte de l'Afrique pour en ramener des photos, mais aussi de la musique. Ils en feront "Carnet de routes", un superbe disque de jazz, où ces trois maîtres du jeu interactif font naître une magie comme celle que l'on retrouve lors de certaines rares rencontres. Les quatre hommes ont renouvelés avec brio par deux fois l'expérience, en sortant deux autres disques faisant écho au premier, "Suite africaine" en 1999 et "African Flashback" en 2005. Une belle trilogie à déguster sans modération !

Ça commence par la découverte d'une faune sauvage que j'observe en retrait, effrayé par un combat qu'engagent deux antilopes. L'une des deux est réduite au silence, la mort rode. Puis, le souffle d'un thème dansant vient me prendre par la main, alors que la batterie tribale et les martèlements de la contrebasse m'évoque un troupeau d'éléphants lancé à mes trousses. Le génie du vent m'emporte dans une course folle à travers la savane, bondissant d'un rocher à un arbre, volant plus que courant. Je m'oublie alors dans une contemplation du paysage aride et dur, mais où la vie est là, bien présente. Je vois des girafes qui broutent au loin, un léopard qui tourne autour et un troupeau de zèbres qui piétine le sol crevassé loin au-dessous. Soudain, une multitude d'oiseaux me frôle, me faisant perdre l'équilibre. La vitesse irréelle m'entraîne dans un tourbillon fou et j'ai l'impression de me dédoubler, ou d'être superposé à une dimension parallèle. Mais le génie du vent est là et me rattrape par la main. J'ai l'impression que cela a duré une éternité, mais la chute n'a dû représenter qu'une fraction de secondes. Mon cœur bat à toute allure après cette expérience quasi transcendantale, mais ça retombe doucement. Je suis rassuré par le vent qui me souffle à nouveau sa mélodie aux oreilles. Je ferme les yeux un instant et tout s'arrête.

Commenter cet article